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Paris (prononcé [paʁi]
) est la ville la plus peuplée et la capitale de la France, chef-lieu de la région Île-de-France et unique commune-département du pays. Elle se situe sur une boucle de la Seine, au centre du Bassin parisien, entre les confluents de la Marne et de la Seine en amont, et de l’Oise et de
La position de Paris à un carrefour entre les itinéraires commerciaux terrestres et fluviaux au cœur d’une riche région agricole en a fait une des principales villes de France au cours du Xe siècle, avec des palais royaux, de riches abbayes et une cathédrale ; au cours du XIIe siècle, Paris devient un des premiers foyers en Europe pour l’enseignement et les arts. Le pouvoir royal se fixant dans cette ville, son importance économique et politique ne cesse de croître. Ainsi, au début du XIVe siècle, Paris est la ville la plus importante de tout le monde chrétien.
Au XVIIe siècle, elle est la capitale de la première puissance politique européenne, au XVIIIe le centre culturel de l’Europe et au XIXe la capitale des arts et des plaisirs. En 2008, tous hébergements confondus, le nombre de touristes à Paris intra-muros est estimé à 28 millions, selon l'Office du Tourisme et des Congrès de la capitale française[1].
Paris est la capitale économique et commerciale de
Abritant de nombreux monuments, Paris est aussi une ville importante dans l’histoire du monde, avec un rôle politique et économique majeur. Symbole de la culture française, la ville attire près de trente millions de visiteurs par an[2]. Paris possède également une place prépondérante dans le milieu de la mode et du luxe.
En 2006, la population de Paris intra-muros était de 2 181 371 habitants d’après le recensement de l’Insee[3]. Néanmoins, au cours du XXe siècle, l’agglomération de Paris s’est largement développée hors des limites de la commune. Son aire urbaine, qui inclut l’agglomération et la couronne périurbaine, comprenait 11 769 433 habitants en 2006[4]. Elle est l'une des agglomérations européennes les plus peuplées. Paris, avec un PIB de 164 539 millions d'euros en 2005[5], est un acteur économique européen majeur. Elle est au coeur de l'Ile-de-France, première région économique européenne.
Vue de Paris depuis Notre-Dame de Paris.
Panorama de Paris depuis la butte Montmartre. À droite, la tour Montparnasse ; au pied de la butte, à gauche, le marché Saint-Pierre.
Au cœur du Bassin parisien, Paris est implantée sur la Seine où se situent deux îles qui constituent le cœur historique de la ville : l'île de la Cité à l'ouest et l'île Saint-Louis, à l'est. De là, la ville s'étend inégalement de part et d'autre du fleuve, la superficie occupée au nord sur la rive droite étant nettement supérieure (environ deux fois) à celle sur la rive gauche, au sud.
Paris intra-muros, délimitée de fait en 1844 par l'enceinte de Thiers ainsi que par l'annexion de communes ou quartiers de celles-ci en 1860[6], est aujourd'hui séparée de la banlieue par le boulevard périphérique. Les accès routiers se font par les portes de Paris ou par les autoroutes et routes nationales qui rejoignent cette rocade. Le boulevard périphérique, voie rapide urbaine de
À l'intérieur de cette limite, de part et d'autre du fleuve, plusieurs reliefs composés de buttes-témoin gypseuses forment de petites collines[s 1]. Sur la rive droite, il s'agit de Montmartre (
Au-delà du boulevard périphérique, Paris s'étend également sur des zones accueillant l'héliport (15e arrondissement) et surtout deux grands espaces boisés aménagés par Haussmann sur des communes voisines avant d'être rattachés à Paris en 1929 : à l'ouest, le Bois de Boulogne (
La ville de Paris avec 105 km2 occupe le 113e rang des communes de France métropolitaine. En revanche, l'unité urbaine de Paris, c'est-à-dire la ville et son agglomération urbaine, recouvre une superficie de 2 723 km2 rassemblant 9 644 507 habitants répartis, en 1999, dans 396 communes d'Île-de-France[9].
Le point zéro des routes de France est matérialisé sur une dalle située devant Notre-Dame de Paris.
Vue de Paris, au crépuscule, depuis
Articles détaillés : Seine, Débit de la Seine à Paris, Bièvre, Canal Saint-Martin et Liste des ponts de Paris.
La Seine traverse la ville en formant un arc de cercle, y entrant par le sud-est pour en sortir au sud-ouest. Plus de trente ponts permettent de franchir le fleuve.
La ville est également traversée par deux autres cours d'eau : la Bièvre, qui arrive du sud de Paris, aujourd'hui entièrement souterraine, et le canal Saint-Martin, inauguré en 1825 et long de
Vue panoramique à 180 degrés de la Seine près du pont Saint-Michel (à gauche) et de Notre-Dame (à droite de l'image).
Le Bassin parisien forme un grand ensemble de couches sédimentaires successives. C'est l'un des premiers lieux qui a fait l'objet d'une carte géologique et a permis de fonder de nombreuses théories en géologie comme la paléontologie et l'anatomie comparée, théories de Georges Cuvier[10]. Le Bassin parisien s'est constitué il y a 41 millions d'années. C'est un bassin marin épicontinental reposant sur des massifs datant du paléozoïque que sont le massif des Vosges, le Massif central et le Massif armoricain. Avec la formation des Alpes, le bassin se referme mais reste ouvert vers la Manche et l'océan Atlantique. Cela préfigure les futurs bassins fluviaux de la Loire et de la Seine. À la fin de l'Oligocène, le Bassin parisien devient continental[10].
En 1911, Paul Lemoine montre que le bassin est composé de strates disposées en cuvettes concentriques[11],[12]. Plus tard, des études approfondies sur des données sismiques, des forages et des puits ont permis d'en avoir une image précise. Celles-ci confirment les strates en cuvettes concentriques mais avec des objets complexes comme des failles. Les formations du relief parisien se situent dans les couches du Mésozoïque et du Paléogène (ère tertiaire) et ont été élaborées par l'érosion.
La première strate datant de l'ère tertiaire est constituée d'alluvions de
Aperçu des carrières souterraines de Paris.
Le sous-sol parisien se caractérise par la présence de nombreuses carrières de calcaire, gypse et pierre meulière. Certaines ont été utilisées comme catacombes et forment l'ossuaire municipal, dont une partie est ouverte au public. Le calcaire a été exploité jusqu'au XIVe siècle sur la rive gauche, de la place d'Italie à Vaugirard. Aujourd'hui, son extraction s'est déplacée vers l'Oise, à Saint-Maximin par exemple[14]. L'exploitation du gypse a été très active à Montmartre et Bagneux.
L'hydrogéologie est très influencée par l'urbanisation. La Bièvre, petit affluent de la Seine qui a modelé toute la rive gauche, a été couverte au XIXe siècle pour des raisons hygiéniques. De nombreuses nappes d'eau souterraines sont présentes dans le sous-sol parisien, comme celles d'Auteuil qui fournissent par forage de l'eau à la ville. La nappe albienne est la plus connue de la région parisienne et est exploitée à Paris depuis 1841 par le puits artésien de Grenelle[15].
Article détaillé : Climat de Paris.
Paris a un climat de type océanique dégradé : l'influence océanique est prépondérante à celle continentale et se traduit par des étés relativement frais (
Relevés Paris-Montsouris 1971-2000[16],[17]
| Mois | Janv | Fév | Mars | Avr | Mai | Juin | Juil | Août | Sept | Oct | Nov | Déc | Année |
| Températures minimales moyennes (°C) | 2,5 | 2,8 | 5,1 | 6,8 | 10,5 | 13,3 | 15,5 | 15,4 | 12,5 | 9,2 | 5,4 | 3,6 | 8,6 |
| Températures moyennes (°C) | 4,7 | 5,5 | 8,4 | 10,8 | 14,8 | 17,5 | 20,0 | 20,0 | 16,6 | 12,5 | 7,9 | 5,7 | 12,0 |
| Températures maximales moyennes (°C) | 6,9 | 8,2 | 11,8 | 14,7 | 19 | 21,8 | 24,4 | 24,6 | 20,6 | 15,8 | 10,4 | 7,8 | 15,5 |
| Moyennes mensuelles de précipitations (mm) | 55.0 | 45.4 | 52.2 | 49.5 | 62.0 | 53.2 | 58.3 | 46.0 | 52.9 | 54.9 | 57.0 | 55.1 | 641.6 |
Article détaillé : Environnement à Paris.
Comme toutes les grandes métropoles de la planète, Paris subit des conséquences environnementales liées à l'échelle de sa population et de son activité économique[s 3]. Paris est la capitale la plus dense d'Europe en population. La part des espaces verts est des plus réduites, et ce malgré les parcs et jardins qui ont été créés au cours des deux dernières décennies afin de pallier cette carence, d'où une biodiversité relativement limitée[18]. La pollution atmosphérique et le bruit constituent des problèmes de santé publique ; ils ont motivé la création de réseaux de surveillance.
Plus anecdotiquement, Paris possède une réputation peu glorieuse en matière de déjections canines. Ces déjections sont considérées comme la première cause de saleté de la ville par les habitants[s 4].
Paris tire son nom du peuple gaulois des Parisii (un Parisius, des Parisii). Le mot Paris est en fait dérivé du latin Civitas Parisiorum (
Article détaillé : Blason de Paris.
Logotype de la maire de Paris.
| Les armes de Paris se blasonnent ainsi : « De gueules à la nef équipée et habillée d'argent voguant sur des ondes du même mouvant de la pointe, au chef cousu d'azur fleurdelysé d'or » Devise : « Fluctuat nec mergitur », ce qui signifie « Il est battu par les flots mais ne sombre pas » ou encore « Il flotte mais ne sombre pas[19] ». Elle évoque le navire également représenté sur le blason de la ville et symbole de la puissante corporation des Nautes ou des Marchands de l'eau, gérante de la municipalité au Moyen Âge. La patronne de la ville est sainte Geneviève, qui aurait écarté Attila et les Huns de la ville au Ve siècle par ses prières. Sa châsse se trouve aujourd'hui à l'église Saint-Étienne-du-Mont. La mairie s'est en outre doté d'un logotype reprenant les couleurs bleu et rouge et le dessin de le nef. |
Articles détaillés : Histoire de Paris et chronologie de Paris.
Caldarium des thermes de Cluny.
Un habitat permanent à Paris est attesté pour la période chasséenne (entre 4 000 et 3 800 av. J.-C.), sur la rive gauche d'un ancien bras de
Les restes d'un village de Bercy ont été retrouvés et datés d'environ 400 ans avant notre ère, notamment une embarcation emprisonnée dans les boues marécageuses de l'époque et aujourd'hui visible au Musée Carnavalet à Paris.
En dehors de cela, un flou caractérise la connaissance actuelle du site depuis cette occupation préhistorique jusqu'à la période gallo-romaine. Seule certitude, les Parisii, peuple gaulois, sont les maîtres des lieux quand les troupes de César arrivent, en 52 av. J.-C., et la renomment Lutetia (Lutèce). Ils s'étaient soumis à l'autorité de Vercingétorix pour lutter contre l'envahisseur romain, mais sans succès. On ne connaît pas encore avec précision l'emplacement de la cité gauloise : île de la Cité (hypothèse aujourd'hui très discutée), île Saint-Louis ou une autre île aujourd'hui rattachée à la rive gauche, voire Nanterre[22][23].
La cité romaine a été construite, selon un plan hippodamien au Ier siècle, sur la rive gauche. Lutèce, n'ayant probablement que cinq à six mille habitants à son apogée, n'était qu'une cité modeste du monde romain, comparativement à Lugdunum, capitale des trois Gaules (dont la lyonnaise qui englobe la région de Lutèce), qui aurait compté, au IIe siècle, de 50 000 à 80 000 habitants[24].
Selon la tradition, la ville aurait été christianisée par saint Denis, martyrisé vers 250. Durant le Bas Empire, Lutèce est touchée par les grandes invasions et sa population se replie dans l'île de la Cité, fortifiée par la récupération de pierres prises aux grands édifices ruinés. Néanmoins dès le IVe siècle, l'existence de faubourgs est attestée, et la ville reprend le nom du peuple dont elle est la capitale, les Parisii[25].
En 451, sainte Geneviève, future patronne de la ville, serait parvenue à convaincre les habitants de ne pas fuir devant les Huns d'Attila qui s'en détournent effectivement sans combat[f 3].
Plan de Paris reconstitué à l'année 1223.
Clovis en fait la capitale du royaume des Francs vers 506. Elle le demeure jusqu'au début du VIIe siècle au moins. Au VIe siècle, l'église Saint-Gervais est le premier lieu de culte implanté sur la rive droite, signe que la ville s'y étend[f 4].
Les Vikings, arrivant sur leurs drakkars à faible tirant d'eau, pillent une première fois en 845 la cité abandonnée par ses habitants. Leurs incursions se prolongent jusqu'au début du Xe siècle, leurs raids ne prenant fin qu'avec le traité de Saint-Clair-sur-Epte conclu en 911[c 1].
Les Capétiens, qui règnent à partir de 987, préfèrent à Paris Orléans, l'une des deux grandes villes de leur domaine personnel. Hugues Capet, malgré sa résidence dans l'île de la Cité, y séjourne peu. Robert le Pieux y vient plus fréquemment. La ville devient un important centre d'enseignement religieux dès le XIe siècle[f 5]. Le pouvoir royal se fixe progressivement à Paris, qui redevient capitale du royaume, à partir de Louis VI (1108-1137) et plus encore sous Philippe Auguste (1179–1223), qui l'entoure d'une enceinte fortifiée.
Le commerce enrichit Paris qui profite de sa position à la convergence des grandes routes commerciales. Le blé entre par la rue Saint-Honoré, les draps du Nord par la rue Saint-Denis et le poisson de la mer du Nord et de la Manche par la rue des Poissonniers. L'importance de son marché, en liaison avec la foire du Lendit à Saint-Denis, nécessite de la place et son établissement dans un lieu plus dégagé que l'île de
Recueil des ordonnances de la prévôté des marchands de Paris, 1416, par Charles VI.
En 1163, l'évêque Maurice de Sully entreprend l'édification de la cathédrale Notre-Dame de Paris sur l'île de la Cité. L'importance de la ville augmente, tant sur le plan politique et financier que marchand. Les organes centraux du gouvernement y ayant leur siège, le roi souhaite mieux contrôler Paris et ne la fait pas bénéficier d'une charte communale. Néanmoins, il concède des privilèges de « bourgeois du roi » et accorde des faveurs à la « hanse » (ou « guilde ») des marchands de l'eau. En 1258, Saint-Louis ôte la prévôté des mains des marchands et la confie à un proche, Étienne Boileau. En 1263, la hanse des marchands élit une première municipalité composée d'un prévôt des marchands et de quatre échevins. Ainsi se met en place un système de double autorité entre la ville et le pouvoir royal[f 6].
Vers 1328, la population parisienne est estimée à 200 000 habitants, ce qui en fait la cité la plus peuplée d'Europe[26],[f 7]. Mais en 1348,
L'hôtel de Sens, une des demeures médiévales de Paris, édifié entre 1475 et 1519.
Durant
Paris sort ruinée de
La Renaissance, marquée par le roi et sa cour résidant dans le Val de Loire, ne bénéficie donc guère à Paris. Malgré son éloignement, la monarchie s’inquiète de l'expansion désordonnée de la cité. Une première règlementation d’urbanisme est édictée en 1500 à propos du nouveau pont Notre-Dame, bordé de maisons uniformes de brique et de pierre de style Louis XII[c 2].
En 1528, François Ier fixe officiellement sa résidence à Paris. Le rayonnement intellectuel s'accroît : à l'enseignement de l'université (théologie et arts libéraux) s'ajoute un enseignement moderne tourné vers l'humanisme et les sciences exactes voulu par le roi, au Collège de France. Sous son règne, Paris atteint 280 000 habitants et reste la plus grande ville du monde chrétien[s 5].
Plan de Paris en 1787 par Brion de
Le 24 août 1572, sous Charles IX, est organisé le massacre de la Saint-Barthélemy. On compte entre deux mille et dix mille victimes[f 11].
Malgré une mortalité supérieure aux naissances, la population atteint les 400 000 habitants grâce à l'immigration provinciale. Paris est une ville misérable où règne une forte insécurité, la légendaire cour des miracles est progressivement vidée à partir de 1656 par le lieutenant-général de police Gabriel Nicolas de La Reynie[27].
Louis XIV choisit Versailles comme résidence en 1677, avant d'y déplacer le siège du gouvernement en 1682. Colbert prend en main la gestion parisienne et fait la navette entre Paris et Versailles. Durant son règne, le Roi Soleil ne vient que vingt-quatre fois à Paris, essentiellement pour des cérémonies officielles, marquant ainsi envers la cité une hostilité que n'apprécient guère les Parisiens[f 14].
Au XVIIIe siècle, Versailles ne dépossède pas Paris de son rayonnement intellectuel ; au contraire même, elle en fait une puissante frondeuse ouverte aux idées des Lumières. C'est la période des salons littéraires, comme celui de madame Geoffrin. Le XVIIIe siècle est aussi celui d'une forte expansion économique qui permet une importante croissance démographique, la ville atteint 640 000[28] habitants à la veille de
En 1715, le régent Philippe d'Orléans quitte Versailles pour le Palais-Royal. Le jeune Louis XV est installé au palais des Tuileries pour un retour, éphémère, de la royauté dans Paris. Dès 1722, Louis XV retourne au château de Versailles rompant la fragile réconciliation avec le peuple parisien[f 15].
La ville s'étend alors à peu près sur les six premiers arrondissements actuels, le jardin du Luxembourg marquant la frontière occidentale de la ville. Louis XV s'intéresse personnellement à la ville en 1749 lorsqu'il décide l'aménagement de la place Louis XV (actuelle place de la Concorde), la création de l'école militaire en 1752[29], et surtout la construction d'une église dédiée à Sainte-Geneviève en 1754, plus connue sous le nom actuel de Panthéon[30].
C'est à Versailles que débute
Le 14 juillet 1790 se déroule la fête de la Fédération sur le Champ-de-Mars, lieu dont l'animation sera moins festive le 17 juillet 1791 puisque théâtre d'une fusillade. Le couvent des Cordeliers et le couvent des Jacobins, occupés après la mise en vente des biens nationaux à partir de mai 1790, constituent de hauts lieux du Paris révolutionnaire ; ils marquent la toute puissance des clubs parisiens sur le cours de la Révolution[c 4].
Dans la nuit du 9 août 1792, une « commune » révolutionnaire prend possession de l'Hôtel de Ville. Lors de la journée du 10 août 1792, la foule assiège le Palais des Tuileries avec le soutien du nouveau gouvernement municipal. Le roi Louis XVI et la famille royale sont incarcérés à la tour du Temple. La monarchie française (restaurée en 1814) est de fait abolie. Après les élections de 1792, les représentants de
L'Hôtel de Ville,
le 9 Thermidor an II.
Les Parisiens vivent alors deux années de rationnement. La Terreur règne sous la poigne du Comité de salut public. Les policiers de Paris, sous l'autorité de la mairie, s'emploient à incarcérer tout ce que la ville compte encore de nobles, de riches bourgeois, de prêtres et d'intellectuels en général. C'est pourquoi le maire est, à Paris, aujourd'hui encore le seul de France à être privé de tout pouvoir de police[31],[32]. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est guillotiné sur la place Louis XV, rebaptisée « place de
En 1806, Paris a compensé les pertes subies durant
La chute de l'Empire en 1814-1815 amène à Paris les armées anglaises et cosaques camper sur les Champs-Élysées. Louis XVIII, de retour d'exil, rentre dans Paris, s'y fait couronner et s'installe aux Tuileries.
Louis XVIII et Charles X, puis la monarchie de Juillet se préoccupent peu de l'urbanisme parisien. Le prolétariat ouvrier, en forte expansion, s'entasse misérablement dans les quartiers centraux qui, avec plus de 100 000 habitants au kilomètre carré, constituent d'importants foyers d'épidémie ; le choléra en 1832 fait 32 000 victimes. En 1848, 80 % des morts vont à la fosse commune et les deux tiers des Parisiens sont trop pauvres pour payer des impôts. La masse paupérisée du petit peuple, délaissée et excédée, est mûre pour des révoltes répétées que le pouvoir ne sent pas germer ou est sûr de vaincre : les barricades font tomber Charles X lors des Trois glorieuses puis Louis-Philippe en 1848. La société de l'époque est abondamment décrite par Balzac, Victor Hugo ou Eugène Sue.
Durant cette période, la ville accélère son rythme de croissance pour atteindre le mur des Fermiers Généraux. Entre 1840 et 1844, la dernière enceinte de Paris, dite enceinte de Thiers, est construite sur l'emplacement actuel du boulevard périphérique. Au cœur de la ville, la rue Rambuteau est percée[c 8].
Avec l'avènement du Second Empire, Paris se transforme radicalement. De structure médiévale, aux constructions anciennes et insalubres, quasiment dépourvue de grands axes de circulation, elle devient en moins de vingt ans une ville moderne. Napoléon III a des idées précises sur l'urbanisme ou le logement. Le Paris d'aujourd'hui est donc avant tout celui de Napoléon III et d'Haussmann.
L'avenue de l'Opéra vue par Pissarro depuis l'actuel Hôtel du Louvre
Articles détaillés : Transformations de Paris sous le Second Empire et Annexions de 1860.
Le 1er janvier 1860, une loi permet à Paris d'annexer plusieurs communes voisines[6]. La capitale française passe ainsi de douze à vingt arrondissements et de 3 438 à
Lors de
La Tour Eiffel pendant l'exposition universelle de 1889.
Pendant
De
En 1910, une crue centennale de la Seine provoque l'une des plus graves inondations que la ville ait connue et cause trois milliards de francs de dégâts[c 11]. Lors de
L'entre-deux-guerres se déroule sur fond de crise sociale et économique. Les pouvoirs publics, pour répondre à la crise du logement, votent la loi Loucheur qui crée les habitations à bon marché (ou HBM) érigées à l'emplacement de l'ancienne enceinte de Thiers. Les autres immeubles parisiens sont, pour l'essentiel, délabrés et constituent des foyers de tuberculose ; la densité urbaine culmine en 1921, Paris intra-muros comptant 2 906 000 habitants[36]. Parallèlement, des lotissements se développent partout autour de la cité, en « banlieue » où l'expansion se fait de façon anarchique, souvent en pleins champs sans réels aménagements ou équipements publics[c 13].
Les Parisiens tentent de reprendre leur prééminence politique dans un contexte de multiples scandales financiers et de corruption des milieux politiques[f 19]. Le 6 février 1934, la manifestation des Ligues patriotes contre la gauche parlementaire dégénère en émeute et fait dix-sept tués et mille cinq cents blessés, puis le 14 juillet 1935, un important défilé en faveur du Front populaire compte cinq cent mille manifestants[c 14].
Défilé de Panzers à Paris en 1941 (Les chars sont des Somua S-35 et Hotchkiss H35 français).
Pendant
À l'approche des troupes alliées,
Le nouveau quartier de Paris Rive Gauche.
En 1956, Paris se lie à Rome par un jumelage privilégié, symbole fort dans une dynamique géographiquement plus large[41] de réconciliation et de coopération après
Sous les mandats du général de Gaulle de 1958 à 1969, plusieurs événements politiques se déroulent dans la capitale. Le 17 octobre 1961, une manifestation en faveur de l'indépendance de l'Algérie est violemment réprimée. Selon les estimations, entre 32 et 325 personnes sont massacrées par la police, alors dirigée par Maurice Papon[42]. À partir du 22 mars 1968, un important mouvement étudiant démarre à l'université de Nanterre. Il entraîne dans le quartier latin des manifestations qui dégénèrent en émeutes. La contestation, prenant corps dans un contexte de solidarité internationale et d'émulation (noirs et féministes américains, « provos » néerlandais, Printemps de Prague, attentat contre l'Allemand Rudi Dutschke, etc.) entre brimés idéalistes et jeunes, bercés par Bob Dylan et son tube The Times They Are a-Changin', voulant « changer le monde », se développe très vite en crise politique et sociale nationale. Le 13 mai, d'immenses défilés rassemblent 800 000 personnes venues protester contre les violences policières. Le 30 mai, une manifestation de soutien au gouvernement et au Général de Gaulle réunit un million de personnes, de la place de l'Étoile à celle de
Le successeur du général de Gaulle, Georges Pompidou s'intéresse de près à la capitale. Il laisse son nom au bâtiment qui abrite le musée national d'Art moderne et la bibliothèque publique d'information et à la voie express rive droite. Valéry Giscard d'Estaing, président à son tour, ne partage pas sa vision d'une modernisation radicale : il remet en cause le projet prévu pour les Halles et interrompt partiellement celui de voie express rive gauche. En 1976, l'État accorde pour la première fois depuis 1871 une municipalité autonome à la capitale. Le gaulliste Jacques Chirac est alors élu maire. Il sera réélu en 1983 et 1989. Sous le premier mandat du président François Mitterrand, une réforme est adoptée par la loi de décentralisation du 31 décembre 1982 : elle dote chaque arrondissement de la capitale d'un maire et d'un conseil municipal propre et non plus désigné par le maire de Paris[c 19].
En 1991, les quais de la Seine, du pont Sully (en amont) au pont d'Iéna (en aval), sont classés sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO au titre de remarquable ensemble fluvio-urbain avec ses monuments dont plusieurs constituent des chefs-d'œuvre architecturaux au rayonnement mondial[43].
Élu président de la République en mai 1995, Jacques Chirac est remplacé par Jean Tiberi dont l'unique mandat est marqué notamment par la mise au jour de plusieurs affaires politico-financières et par la division de la majorité municipale.
En 2001, le socialiste Bertrand Delanoë est élu maire. Il se démarque de ses prédécesseurs par sa volonté affichée de réduire la place de l'automobile dans la ville au profit notamment des piétons et des transports en commun. Il développe l'animation de la vie parisienne par de grandes manifestations culturelles comme Nuit Blanche ou simplement ludiques comme Paris-Plage. Le 16 mars 2008, Bertrand Delanoë est réélu maire de Paris face à Françoise de Panafieu (UMP).[65]
Plus de la moitié des appartements de Paris (58,1 % en 1999) ne possèdent qu'une ou deux pièces[59]. À noter l'ancienneté du bâti, puisqu'en 1999, 55,4 % des logements avaient été construits antérieurement à 1949 contre seulement 3,8 % édifiés depuis 1990, s'ajoutant aux 10,3 % des logements parisiens déclarés vacants, soit 136 554 sur les 1 322 540 logements de la ville[66].
Quartier Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement.
Le logement social représente un peu plus de 17 % du parc immobilier urbain mais ce taux moyen cache de fortes disparités dans sa répartition spatiale : les dix premiers arrondissements du centre historique ne totalisent que 6 % des logements sociaux de la ville, pour 23 % du parc total. Les 13e, 19e et 20e en comptaient 96 000 en 1999, soit 47 % du parc social parisien concentré dans seulement trois arrondissements. Si on ajoute les 12e, 14e, 15e et 18e arrondissements, on atteint un taux de 81 % concentrés dans un croissant périphérique du sud au nord-est de la ville[67]. La proportion de logements sociaux comptabilisés selon la loi SRU en 2006 varie de 1,2 % dans le 7e arrondissement (357) à 34,1 % dans le 19e arrondissement (28 147). Entre 2001 et 2006, 23 851 logements ont été agréés dans la ville mais 88 131 Parisiens étaient demandeurs d'un logement social en 2006 ainsi que 21 266 non-Parisiens. La rotation des locataires est faible en raison du niveau élevé des prix de l'immobilier. Ce taux est de 10 % par an en France, 7,5 % en Île-de-France mais de seulement 5 % à Paris intra-muros[68]. De nombreuses associations œuvrent pour trouver des solutions au mal-logement et à la précarité de personnes sans logement (Emmaüs, Association des cités du secours catholique, Croix rouge...).
Paris est la neuvième ville la plus chère du monde[69], en ce qui concerne les prix de l'immobilier de luxe : 12 600 euros par mètre carré en 2007 (contre 36 800 pour Londres, la plus chère)[70],[71].
Le XVIIIe arrondissement accueille de nombreux immigrants du Maghreb ou plus récemment d'Afrique sub-saharienne.
Les recensements français, comme l'impose la législation, ne posent aucune question concernant l'appartenance ethnique ou religieuse mais recueillent des informations au sujet du pays natal. Il est ainsi possible de déterminer que la zone métropolitaine de Paris est une des plus multiculturelles en Europe : au recensement de 1999, 19,4 % de sa population totale étaient nés à l'extérieur de
La première vague massive d'immigration vers Paris commence vers 1820 avec l'arrivée des paysans allemands fuyant la crise agricole et « ouverts » à
La localisation des immigrés dans la ville varie en fonction de l'appartenance communautaire : les 18e et 19e arrondissements concentrent une forte part des originaires d'Afrique sub-saharienne, en particulier dans le quartier de Château Rouge, tandis que Belleville rassemble d'importantes communautés maghrébines et chinoises. Dans le 13e arrondissement se situe le quartier asiatique de Paris, plus important « chinatown » d'Europe[77]. Le seizième arrondissement fait partie des zones qui ont la plus forte concentration de migrants des États-Unis[78].
Articles détaillés : Mairie de Paris, Arrondissements de Paris, Liste des députés de Paris et Liste des conseillers de Paris.
Carte des arrondissements de Paris.
Depuis la loi du 10 juillet 1964[79] sur la réorganisation de la région parisienne, entrée complètement en vigueur le 1er janvier 1968, la ville de Paris est à la fois un département et une commune. Auparavant et depuis 1790, Paris était le chef-lieu du département de la Seine.
Contrairement aux autres métropoles françaises, il n'existe pas d'intercommunalité à fiscalité propre entre Paris et sa banlieue[80]. Il faut en effet préciser que le territoire de
Le département de Paris n'a pas d'autre subdivision que la seule commune qui le compose. La commune est divisée en 20 arrondissements municipaux créés lors de son extension territoriale de 1860, en remplacement des 12 arrondissements qui existaient auparavant depuis le 11 octobre 1795, et en 21 circonscriptions électorales.
L'hôtel de ville de Paris la nuit
Articles détaillés : Loi PLM, Préfet de Paris, Préfet de police et Liste des Maires d'arrondissement.
Le statut de la ville a changé plusieurs fois. Du 26 mars au 22 mai 1871, Paris fut le siège d'un pouvoir insurrectionnel :
La loi du 31 décembre 1975 (entrée en vigueur lors des élections municipales de 1977) instaure un Conseil de Paris, à la fois conseil municipal et conseil général, comptant 109 membres qui élisent le maire de Paris.
Des commissions d'arrondissements, dont les membres sont choisis à parité entre les électeurs, le maire de Paris et le Conseil de Paris, ont un rôle consultatif et d'animation. Le préfet de police, nommé par l'État, conserve les pouvoirs de police. Enfin, la loi du 31 décembre 1982 (dite loi PLM, entrée en vigueur à Paris lors des élections municipales de 1983 et portant à 163 le nombre de conseillers de Paris) étend les pouvoirs du Conseil de Paris, principalement en matière budgétaire, et crée les Conseils d'arrondissements.
Les pouvoirs de police administrative sont partagés entre le maire de Paris et le préfet de police qui se prêtent réciproquement leurs moyens d'action à cet effet. Ce dernier peut siéger au Conseil de Paris et doit lui soumettre chaque année son budget et son compte (bien que ce budget reste d'État). Le maire est désormais impliqué dans la politique de sécurité même si les pouvoirs en ce domaine restent entre les mains du préfet de police.
L'action de
Article détaillé : Liste des maires de Paris.
Bertrand Delanoë, maire de Paris
| Liste des maires successifs | ||||
| Période | Identité | Étiquette | Qualité | |
| ... | ||||
| ... | ||||
| → en cours | ... | |||
| Toutes les données ne sont pas encore connues. | ||||
Vue panoramique de Paris, depuis le sommet de l'Arc de Triomphe.
Articles détaillés : Tourisme en Île-de-France et Musées, monuments et sites de Paris.
Article connexe : Patrimoine mondial de l'Unesco en France.
Le « tourisme », dans le sens moderne du terme, n'a pris d'ampleur qu'à la suite de l'apparition du chemin de fer, au cours des années 1840. Une des premières attractions fut, dès 1855, la série d'expositions universelles, autant d'occasions d'édifier à Paris de nombreux nouveaux monuments, dont le plus célèbre est la tour Eiffel, érigée pour l'exposition de 1889. Ceux-ci, en plus des embellissements apportés à la capitale sous le Second Empire, ont largement contribué à faire de la ville elle-même l'attraction qu'elle est devenue.
Mais si Paris est aujourd'hui la capitale la plus visitée au monde, elle est jugée comme l'une des moins accueillantes et des plus chères : selon une enquête[112] sur soixante villes auprès de 14 000 personnes à travers le monde[113], elle se situe à la première place pour la beauté et le dynamisme, mais en fin de classement en ce qui concerne la qualité de l'accueil (52e sur 60) et les prix pratiqués (seulement 55e[114]).
Paris a accueilli au total 27 millions de touristes dont 17 millions d’étrangers en 2006, 44 millions en incluant la région Île-de-France, ce qui constitue la première destination touristique mondiale[réf. nécessaire]. Elle n'était toutefois en 2006 que la troisième destination pour les voyageurs internationaux[115]. Elle est également la ville organisatrice du plus grand nombre de congrès internationaux. En 2006, les cinquante premiers sites culturels de la ville ont enregistré 69,1 millions d'entrées, soit une croissance de 11,3 % par rapport à 2005.
Les établissements d'enseignement de la ville de Paris relèvent de l'académie de Paris.
Article connexe : Enseignement supérieur en Île-de-France.
L'enseignement supérieur regroupait en 2007 environ 585 000 étudiants en Île-de-France, soit plus du quart du total français[116]. Il existe une certaine volonté de décentralisation qui a notamment conduit dans les années 1990 au transfert de l'ENA à Strasbourg et d'écoles normales supérieures à Lyon. Toutefois, la plupart des établissements nationaux les plus prestigieux se trouvent toujours en région parisienne.
Dès le XIIe siècle, Paris est un des grands centres intellectuels d'Europe, particulièrement en matière de théologie et de philosophie. On retient symboliquement 1200 comme date de fondation de l'Université de Paris, lorsque Philippe Auguste accorde un statut particulier à la corporation (maîtres et élèves) en l'affranchissant de la justice et de la police publiques, les faisant alors relever de la justice ecclésiastique. Les collèges, résidences de maîtres et d'élèves où se déroule également l'essentiel de l'enseignement, sont organisés en facultés. L'origine de la Sorbonne remonte à 1257. L'université vit essentiellement autour de la montagne Sainte-Geneviève, sur la rive gauche. Ce quartier, le quartier latin, est aujourd'hui encore un centre universitaire d'importance.
À partir du XVIIIe siècle, des écoles spécialisées sont créées pour certaines professions. Elles sont à l'origine des grandes écoles actuelles. L'École polytechnique et l'École normale supérieure sont fondées pendant la Révolution. L'Université de Paris modene est constituée au XIXe siècle de six facultés : droit, médecine, pharmacie, littérature, théologie et science. Au XXe siècle, le nombre d'étudiants croît fortement. Après la révolte des étudiants de mai 1968 dont
Paris intra-muros reste le centre universitaire français majeur. Les universités Paris I à VII y sont situées ainsi que Paris-Dauphine quoiqu'un peu excentrée. Le quartier latin conserve une place importante, avec les implantations les plus anciennes, la Sorbonne et l'ENS ainsi que le Collège de France. Plus généralement, les sites prépondérants se trouvent dans le Nord de la rive gauche (Sciences Po, Assas, Jussieu, EHESS, etc.). Il se manifeste une certaine volonté d'étendre le quartier universitaire vers l'est, dans le XIIIe arrondissement où se dresse
Des universités ont été créées en banlieue depuis les années 1960, la plus ancienne étant celle de Nanterre en 1964. Dans le même temps, plusieurs grandes écoles ont également quitté le centre de Paris, notamment pour disposer de locaux plus vastes. Le plateau de Saclay, au sud de Paris, en est devenu un pôle important. Il regroupe, sur un territoire assez vaste, une université (Paris XI), des grandes écoles (HEC dès 1964, Polytechnique en 1976), et des laboratoires publics et privés. En 1991, trois autres universités sont fondées en banlieue : Cergy-Pontoise, Évry, Marne-la-Vallée et Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines. Signe d'un certain volontarisme décentralisateur, « Paris » n'apparaît pas dans leur nom contrairement aux autres universités de proche banlieue.
La ville de Paris entretient elle-même sept établissements d'enseignement supérieur[s 10]. Quatre sont dédiés aux arts appliqués dont les prestigieuses École Boulle (ameublement) et École Estienne (arts graphiques, notamment reliure), deux sont des écoles d'ingénieurs (École des ingénieurs de la ville de Paris et École supérieure de physique et de chimie industrielle) et l'École du Breuil est à caractère horticole.
Articles détaillés : Transports à Paris et Transports en Île-de-France.
Une rame MP 89 à la station Nation, sur la ligne 1 du métro de Paris.
Station Vélib' place de
Outre un réseau dense de lignes de bus et de métro, Paris est desservie par le RER, réseau ferroviaire suburbain qui facilite les relations à l'échelle de l'agglomération parisienne. Six grandes gares ferroviaires la relient à sa périphérie grâce à une quinzaine de lignes de chemin de fer de banlieue (Transilien), à toutes les villes de France et aux pays proches par le biais du TGV ou de trains classiques.
Paris est, après Londres, la ville d'Europe qui comptabilise le plus de passagers aériens (82,5 millions) et 2,24 millions de tonnes de fret en 2006 dans les deux aéroports qui accueillent l'essentiel du trafic : aéroport Paris-Orly et surtout Roissy-Charles-de-Gaulle[117].
Comme dans toutes les mégapoles de la planète, la circulation routière est très dense et souvent difficile malgré les larges avenues tracées par Haussmann au XIXe siècle qui facilitèrent alors grandement un trafic déjà important à cette époque. La ville est ceinte par un boulevard périphérique, voie routière la plus empruntée de France. Un réseau d'autoroutes urbaines en toile d'araignée la relie aux banlieues périphériques et au reste du pays. Le stationnement à Paris se révèle délicat à l'image de la plupart des grandes métropoles. Il est payant dans la quasi-totalité des rues, la municipalité en place menant une politique de promotion du transport collectif et cycliste. Ainsi, la ville dispose depuis la fin des années 1990 d'un réseau de pistes cyclables en augmentation constante. Fin 2006,
Articles détaillés : Liste des édifices religieux de Paris, Liste des palais parisiens, Monuments et sites de Paris et Liste des plus hauts bâtiments d'Île-de-France.
La cathédrale Notre-Dame de Paris.
Les monuments les plus célèbres de Paris datent d'époques variées. Ils se trouvent souvent dans le centre et sur les rives de
On trouve sur l'île de la Cité des monuments anciens emblématiques. La cathédrale Notre-Dame, de style gothique, principalement bâtie du XIIe siècle au XIIIe siècle, a été très restaurée au XIXe siècle et sa façade occidentale nettoyée à la fin du XXe siècle. Elle est symboliquement le noyau de Paris et les distances routières françaises sont mesurées à partir de son parvis. L'ancien palais de la Conciergerie fut le siège du pouvoir royal jusqu'au règne de Charles V, dans la seconde moitié du XIVe siècle. Une partie du bâtiment fut dès lors aménagée en prison et fut notamment le lieu de détention d'illustres personnalités de l'Ancien Régime avant leur exécution, lors de
Des monuments de style classique marquent également le centre de Paris de leur empreinte. La chapelle de la Sorbonne au cœur du quartier latin, a été construite au début du XVIIe siècle. Le Louvre, résidence royale, a été embelli au XVIIe siècle et plusieurs fois retouché par la suite. L'Hôtel des Invalides, avec son fameux dôme doré, fut érigé à la fin du XVIIe siècle dans les faubourgs de la ville par un Louis XIV soucieux d'offrir un hospice aux soldats blessés. Il abrite depuis le 15 décembre 1840 les cendres de Napoléon Ier et son tombeau depuis le 2 avril 1861[123]. Le Panthéon, édifié quant à lui à la fin du XVIIIe siècle à proximité de
Le passage Jouffroy.
Le patrimoine du XIXe siècle est très abondant à Paris avec notamment l'Arc de triomphe, les passages couverts, le Palais Garnier, construit à la fin du Second Empire et au début de la Troisième République et qui abrite l'opéra de Paris, et la Tour Eiffel, construction « provisoire » érigée par Gustave Eiffel pour l'exposition universelle de 1889 mais qui ne fut jamais démantelée. Elle est devenue le symbole de Paris, visible de la plupart des quartiers de la ville et parfois de la proche banlieue.
Au XXe siècle, de nombreuses réalisations des plus grands architectes parsèment les rues de Paris : Guimard, Plumet[124] ou Lavirotte, références de l'Art nouveau en France, puis celles de Mallet-Stevens, Roux-Spitz, Dudok, Henri Sauvage, Le Corbusier, Auguste Perret, etc. pendant l'entre-deux guerres.
L'architecture contemporaine à Paris est représentée par le Centre Pompidou, édifice des années 1970 qui abrite le musée national d'Art moderne ainsi qu'une importante bibliothèque publique librement accessible, par l'institut du monde arabe ouvert en 1987 ou encore par les importantes réalisations voulues par le président François Mitterrand : la bibliothèque nationale de France dans le nouveau quartier de Paris Rive Gauche en plein développement, l'opéra Bastille et, probablement la plus célèbre, la pyramide du Louvre, œuvre de l'architecte Ieoh Ming Pei érigée dans la cour du Louvre. Plus récemment, le musée du quai Branly, ou musée des arts et civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques dessiné par Jean Nouvel et inauguré en 2006, a encore enrichi la diversité architecturale et culturelle de la capitale.
C'est dans la cour du Louvre que débute l'axe historique de Paris : il s'agit d'un alignement monumental d'édifices et de voies de communication partant du cœur de la ville en direction de l'ouest. Il commence à la statue de Louis XIV dans la cour principale du palais du Louvre et se poursuit à travers le jardin des Tuileries, la place de la Concorde, les Champs-Élysées et aboutit à l'arc de triomphe au milieu de la place Charles-de-Gaulle (ancienne place de l'Étoile). À partir des années 1960, la perspective fut prolongée plus à l'ouest par la construction du quartier d'affaires de La Défense, quartier où se situent la plupart des plus hauts gratte-ciel de l'agglomération parisienne. La perspective est parachevée en 1989 par la construction de l'Arche de la Défense.
La Tour Montparnasse et la basilique du Sacré-Cœur au sommet de la butte Montmartre sont, de par leur hauteur, des points de repère importants dans le ciel parisien. Cette dernière est un des lieux emblématiques de Paris et accueille de nombreux visiteurs, en particulier autour de la place du Tertre où se tiennent des peintres et caricaturistes.
Dans les années 1960, le ministre des affaires culturelles André Malraux lance une grande campagne de ravalement des façades[125], ce qui fait dire au cinéaste François Truffaut : « À partir du blanchiment de Paris, c'est devenu très difficile de montrer Paris tel qu'il avait été avant[126] ».
Article détaillé : Liste des espaces verts de Paris.
Le jardin des Tuileries.
On trouve des jardins anciens dans le cœur de Paris comme celui des Tuileries et celui du Luxembourg. Le jardin des Tuileries a été créé au XVIe siècle, sur la rive droite de la Seine, à proximité du Louvre pour le palais éponyme aujourd'hui disparu. Le jardin du Luxembourg, sur la rive gauche, était autrefois une dépendance privée du château construit pour Marie de Médicis vers 1625. Le jardin des Plantes, institué par Guy de La Brosse, le médecin de Louis XIII, pour la culture des plantes médicinales, fut quant à lui le premier jardin public de Paris.
C'est toutefois au Second Empire que les jardins parisiens doivent l'essentiel de leur physionomie actuelle. La création d'espaces verts fut une facette importante de la politique d'aération d'une ville où s'entassait une population en rapide augmentation. Sous la conduite de l'ingénieur Jean-Charles Alphand et du paysagiste Jean-Pierre Barillet-Deschamps, un nouveau type de jardin voit le jour. Le bois de Boulogne et le bois de Vincennes, alors à l'extérieur de Paris, sont aménagés : situés respectivement à l'extrême ouest et à l'extrême est de Paris intra-muros, ils constituent aujourd'hui, et de loin, les espaces verts les plus étendus de la ville. Certains jardins du centre sont réaménagés et des squares de quartier sont créés. Dans les quartiers plus récents, d'importants parcs sont dessinés, Monceau (autrefois connu sous le nom de « folie de Chartres »), Montsouris, les Buttes-Chaumont ont été conçus par l'ingénieur de Napoléon III.
Depuis les années 1980, plusieurs espaces verts ont été aménagés dans des zones d'activités désaffectées. Le parc de la Villette, imaginé par l'architecte Bernard Tschumi à l'emplacement des anciens abattoirs de Paris, est aujourd'hui le plus grand parc de Paris intra-muros après les bois de Boulogne et de Vincennes. Durant les années 1990, le parc de Bercy, celui de Belleville et d'autres encore ont vu le jour. Des jardins familiaux ou éducatifs ont également agrémenté la périphérie de la ville le long de l'ancienne ligne ferroviaire circulaire de « petite Ceinture ». Les jardins d'Éole inaugurés en 2007 sont le plus important parc créé à Paris dans les années 2000.
| Principaux espaces verts parisiens (entre parenthèses : superficie en hectares)[127] | |||
| Antérieurs au Second Empire | Aménagés sous le Second Empire | Créés dans le dernier quart du XXe siècle | Créés au XXIe siècle |
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Article détaillé : Cimetière parisien.
Le cimetière du Père-Lachaise.
Les principaux cimetières parisiens étaient situés à la périphérie de la ville à leur création en 1804 sous Napoléon Ier. Plusieurs églises de Paris possédaient également leurs propres cimetières mais à la fin du XVIIIe siècle, il fut décidé de les fermer pour des questions de salubrité. Tous les ossements contenus dans les cimetières paroissiaux supprimés en 1786 ont été transférés dans d'anciennes carrières souterraines en dehors des portes méridionales de Paris, lieu devenu depuis la place Denfert-Rochereau dans le 14e arrondissement. Ces carrières sont connues de nos jours comme les catacombes de Paris[f 21].
Bien que l'extension de Paris ait aujourd'hui de nouveau englobé tous ces anciens cimetières, ceux-ci sont devenus des oasis de tranquillité très appréciés dans une ville trépidante. Plusieurs grandes figures ont trouvé le repos dans le cimetière du Père-Lachaise. Les autres cimetières majeurs sont le cimetière de Montmartre, le cimetière du Montparnasse, le cimetière de Passy et les catacombes de Paris.
De nouveaux cimetières « hors-les-murs » ont été créés en début du XXe siècle : les plus grands sont le cimetière parisien de Saint-Ouen, le cimetière parisien de Pantin, le cimetière parisien d'Ivry et le cimetière parisien de Bagneux.
Les monuments parisiens sur un timbre de 1936
Paris est un centre culturel de premier plan. Destination touristique visitée chaque année par quelque 26 millions de touristes étrangers, Paris dispose notamment de plus de 150 musées, tels Le Louvre, et des sites exceptionnels, comme les Champs-Élysées ou la tour Eiffel. Capitale mondiale des salons et conférences (5 % de l'activité mondiale des congrès sur près de
Les principaux quartiers pour les sorties nocturnes sont l'avenue des Champs-Élysées, de la place de la Concorde jusqu'à l'arc de triomphe, la Bastille, Pigalle, la rue Mouffetard, la rue Oberkampf, célèbre pour ses bars, le Marais,
À Las Vegas, un casino a reconstitué à une échelle un demi la tour Eiffel, l'arc de triomphe et l'Opéra Garnier. Sur le même principe, un promoteur chinois construit actuellement un « petit Paris » dans la banlieue de Hangzhou en Chine.
Article détaillé : Liste des musées parisiens.
Paris et la région Île-de-France possèdent la plus importante offre muséographique de France. On compte en effet pas moins de cent musées dans Paris intra-muros auxquels il faut ajouter plus de cent-dix musées dans la région. Mais au-delà du nombre, c'est surtout dans la diversité des collections que se trouve la plus grande richesse.
Capitale pluriséculaire au riche patrimoine, Paris attire chaque année de nombreux visiteurs. Le musée le plus ancien, le plus grand en surface et en collections est le musée du Louvre. Avec un record de fréquentation de 8,3 millions de visiteurs en 2006, le Louvre est de loin le musée d'art le plus visité au Monde. D'autres possèdent également une renommée mondiale tels le musée national d'Art moderne (dans le Centre Georges-Pompidou) ou le musée d'Orsay, consacré essentiellement à l'impressionnisme. À proximité de Paris, le château de Versailles, palais édifié par le Roi-Soleil et résidence des rois de France aux XVIIe et XVIIIe siècles, attire également plusieurs millions de visiteurs par an. Le palais et le parc de Versailles sont classés sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979[130].
On trouve des musées sous divers statuts administratifs : les plus célèbres sont des musées nationaux, c'est-à-dire appartenant à l'État français. D'autres dépendent de ministères, tels le musée de l'Armée (Hôtel des Invalides) et le musée de l'air et de l'espace du Bourget qui relèvent du ministère de la Défense. On peut également citer le Panthéon, où reposent les « grands hommes » de
La municipalité de Paris possède et gère quant à elle quatorze musées et sites municipaux dont les plus célèbres sont le musée Carnavalet, consacré à l'histoire de Paris, à proximité de la maison de Victor Hugo ou encore les catacombes. De nombreuses expositions thématiques y sont organisées[s 13].
Paris accueille un grand nombre de bibliothèques, notamment publiques. La bibliothèque Mazarine, constituée à partir de la bibliothèque personnelle du cardinal Mazarin, est la plus ancienne bibliothèque publique de France ; elle fut ouverte au public en 1643.
La ville gère cinquante-cinq bibliothèques municipales de prêt généralistes[131] et une dizaine de bibliothèques municipales thématiques[132] où il est également possible d'emprunter certains documents. On peut citer parmi les plus connues la bibliothèque historique de la ville de Paris, créée en 1871, qui possède un million de livres et brochures, des photographies, cartes et plans liés à l'histoire de la ville ou la bibliothèque de cinéma François-Truffaut, offrant une importante documentation sur le cinéma[s 14]. Contrairement à l'accès à
Il existe en outre des bibliothèques publiques, par exemple
La bibliothèque François-Mitterrand (BNF).
Articles détaillés : Liste des théâtres et opéras de Paris et Liste des salles de spectacle et cabarets parisiens.
L'Olympia, célèbre salle de concert parisienne.
Les plus grands opéras de Paris sont l'Opéra Garnier et l'Opéra Bastille ; ils offrent un répertoire varié de classique et de moderne.
Le théâtre est traditionnellement un lieu majeur de la culture parisienne. Cela demeure vrai, bien que plusieurs de ses acteurs les plus populaires sont également des vedettes de la télévision française. La Comédie-Française, le théâtre de l'Odéon ou, sur d'autres registres, le théâtre Mogador et le théâtre de la Gaîté-Montparnasse figurent parmi les principaux théâtres parisiens. Quelques uns sont également des salles de concert.
Des légendes du monde musical français tels qu'Édith Piaf, Maurice Chevalier, Georges Brassens et Charles Aznavour ont trouvé la gloire dans les salles de concert parisiennes : Bobino, l'Olympia, La Cigale ou encore Le Splendid. La salle Pleyel accueille de nombreux concerts symphoniques, la salle Gaveau de la musique de chambre ; la maison de Radio France offre, quant à elle, de nombreux concerts d'une grande diversité musicale.
L'Élysée Montmartre mentionné ci-dessous, dont la taille s'est nettement réduite, est devenu une salle de concert. Le New Morning est l'un des quelques clubs parisiens offrant toujours des concerts de jazz mais on peut y entendre des musiques d'autres horizons. Plus récemment, Le Zénith dans le quartier de la Villette et le palais omnisports dans le quartier de Bercy, voire le Stade de France à Saint-Denis ou le Parc des Princes proposent des concerts à plus grande échelle.
Les guinguettes et les cafés-concerts constituaient l'épine dorsale du divertissement parisien avant
Paris compte un grand nombre de salles obscures représentant 376 écrans, dont 150 écrans indépendants et 89 classés art et d'essai. Elles se distinguent par la variété de l'offre, environ 450 à 500 films différents à l'affiche chaque semaine[s 15] et sont fréquentées par plus de vingt-sept millions de spectateurs par an (chiffres 2006).
Quelques grands groupes dominent de plus en plus et le cinéma indépendant est fragilisé. Depuis les années 1990, de grands multiplexes de dix ou vingt salles ont été créés (aux Halles, à Bercy, etc.)[133].
La plus grande salle de cinéma à Paris est aujourd'hui Le Grand Rex avec 2 800 places, alors que toutes les autres salles possèdent moins de 1 000 places.
L'ancien American Center de l'architecte Frank O.Gehry abrite désormais
Le Café de Flore, célèbre café parisien, à Saint-Germain-des-Prés.
Le Café des deux magots, un autre café parisien célèbre de Saint-Germain-des-Prés.
Les cafés sont rapidement devenus une partie intégrante de la culture française de par leur aspect, en particulier à partir de l'ouverture du café Régence au Palais-Royal en 1688 puis, un an plus tard, sur la rive gauche du café Procope. Les cafés dans les jardins du Palais-Royal sont devenus particulièrement populaires au cours du XVIIIe siècle et peuvent être considérés comme les premières « terrasses de café » à Paris. Celles-ci ne connurent pas d'expansion jusqu'à ce que les trottoirs et les boulevards aient commencé à apparaître au milieu du XIXe siècle.
La réputation culinaire de Paris trouve ses fondations dans les origines diversifiées de ses habitants. Avec l'arrivée du chemin de fer au milieu du XIXe siècle et la révolution industrielle qui suivit, de nombreux provinciaux sont arrivés dans la capitale, apportant avec eux toute la diversité gastronomique des différentes régions de France et créant de nombreux restaurants de spécialités locales. « Chez Jenny » est un exemple typique d'un restaurant spécialisé dans la cuisine Alsacienne et « Aux Lyonnais » est un autre exemple caractéristique de cuisine régionale de ville évoquée. Naturellement, l'immigration de régions bien plus éloignées a apporté une encore plus grande diversité culinaire et aujourd'hui, en plus d'un grand nombre d'établissements de cuisine du Maghreb ou d'Asie, on trouve à Paris des établissements proposant des préparations culinaires en provenance des cinq continents.
La présence de nombreux hôtels dès la fin du XIXe siècle, en partie liée aux expositions universelles, est une autre conséquence de l'augmentation du nombre de voyageurs et de touristes dans la capitale. Parmi les plus luxueux, l'Hôtel Ritz est apparu sur la place Vendôme en 1898 et l'Hôtel de Crillon a ouvert ses portes sur le côté nord de la place de la Concorde en 1909.
Gardes républicains pendant la parade du 14 juillet.
Le caractère festif de la ville semble à nouveau à l'honneur depuis les opérations de Paris-Plage ou Nuit Blanche.
Paris accueille tout au long de l'année de très nombreuses festivités dont certaines se démarquent particulièrement. Fin janvier, les rues du 13e arrondissement s'animent avec les célébrations du Nouvel An chinois, tandis que le cortège traditionnel du Carnaval de Paris défile, chaque année, au mois de février, en passant à travers la ville. Fin février se déroule le salon international de l'agriculture. Mars voit se tenir le salon du livre tandis que fin avril ou début mai
Le 14 juillet est l'occasion du traditionnel défilé militaire sur les Champs-Élysées où s'achève à la fin du même mois le Tour de France cycliste. C'est également entre juillet et août qu'est organisée depuis 2002 l'opération Paris-Plage, qui consiste à transformer une partie des quais de Seine en plage avec transats et activités. Octobre est le mois du Mondial de l'automobile les années paires qui alterne avec le mondial du deux-roues les années impaires. Le même mois accueille la Fiac, Foire internationale d'art contemporain, et depuis 2002, Nuit Blanche, qui permet au public d'assister gratuitement à différentes expressions de l'art contemporain à travers la ville pendant la nuit du premier samedi au premier dimanche d'octobre. Le deuxième samedi d'octobre, Montmartre renoue avec son passé viticole lors de la fête des vendanges de Montmartre .
La presse parisienne est représentée par plusieurs journaux. Le Parisien est le quotidien emblématique de la capitale, décliné aujourd'hui en plusieurs versions départementales en banlieue. 20 minutes et Métro sont deux quotidiens gratuits qui, sans être parisiens d'origine, sont particulièrement lus. Le premier est diffusé en Île-de-France à 510 000 exemplaires ce qui représente de très loin sa plus importante diffusion nationale. Un francilien lisant son « gratuit » dans les transports publics aux heures de pointe est devenu une image habituelle de la capitale. L'Officiel des spectacles, Le Pariscope (qui n'existe plus en version papier) et Zurban (également disparu) offrent le programme culturel exhaustif de la métropole. Paris frimousse est quant à lui un mensuel recensant les activités culturelles pour les enfants.
On peut citer, outre les programmes régionaux de la chaîne nationale France 3, quelques chaînes associatives ou de collectivités locales. Télif rassemble sur un unique canal diffusé par le câble, l'ADSL ou le satellite les chaînes locales de la région : VOTV (Val-d'Oise), Télessonne (Essonne), TVM Est parisien (Seine-Saint-Denis), TVFil78 (Yvelines) et RTV (Rosny-sous-Bois). Zaléa TV, chaîne associative parisienne, est périodiquement diffusée par voie hertzienne en fonction des autorisations distribuées qui ont parfois poussé la chaîne à des diffusions pirates. Teleplaisance.org, autre chaîne associative, diffuse uniquement des programmes amateurs. Les deux chaînes sont disponibles en 2007 grâce à une diffusion via internet.
Sept chaînes locales TNT émettent depuis le 20 mars 2008. Il s'agit de NRJ Paris, d'IDF 1, et de CAP 24. Quatre autres chaînes se partagent ensuite un même canal : Demain IDF, « télévision de l'urbanité et de la diversité » ; BDM TV, qui doit aller dans les quartiers parler culture et initiatives, Cinaps TV, composée de chercheurs voulant transmettre leur savoir par l'humour. Et enfin Télé Bocal, qui travaille dans les quartiers en difficulté, classés « politique de la ville ».
Voir aussi : Presse écrite en Île-de-France et Radio à Paris.
Article détaillé : vie littéraire à Paris.
Dès le XIIe siècle, le rayonnement de son université fait de Paris l'un des grands foyers intellectuels du monde chrétien. L'adoption du dialecte parisien par
Au cours du XVIIIe siècle, Paris redevient le centre culturel du royaume. Les salons parisiens connaissent leur plus bel essor. Voltaire, au ton léger et ironique, est l'écrivain parisien par excellence. À l'inverse, Jean-Jacques Rousseau fuit cette ville « de bruit, de fumée et de boue » et se réfugie à Montmorency, à quatre lieues de là, avant de s'y réinstaller en 1770.
Après la Révolution, le monde littéraire se fait plus large, plus complexe. Paris n'en demeure pas moins le cœur de la vie intellectuelle française, en accueillant Frédéric Chopin et des progressistes (comme Heine) menacés ou chassés de différents pays d'une Europe restée globalement très conservatrice. Dans les années 1920, beaucoup d'écrivains étrangers viennent découvrir Paris et s'en inspirent dans leur œuvre : Ernest Hemingway, Henry Miller, Gertrude Stein, etc. et d’autres viennent y chercher l’espoir : D.H. Lawrence, James Joyce, etc. Montparnasse, quartier des artistes depuis la fin du XIXe siècle, connaît son âge d'or. Après
Auteur, Sacha Guitry clama en ces mots son attachement à Paris : « Être Valentinois c'est être natif de Valence, Dracénois de Draguignan, Briochin de Saint-Brieuc... Mais être Parisien ce n'est pas être né à Paris : c'est y renaître ; et ce n'est pas non plus y être, c'est en être ; et ce n'est pas non plus y vivre, c'est en vivre... Car on en vit, et on en meurt. Être de Paris ce n'est pas y avoir vu le jour ; c'est y voir clair. On n'est pas de Paris comme on est de Clermont mais on est de Paris comme on serait d'un cirque. On est élu Parisien, élu à vie. C'est une dignité. C'est une charge aussi : on doit être à ses ordres, à sa dévotion quand Paris vous a fait l'honneur de vous admettre. Aimer Paris rend orgueilleux, car il vous devient à ce point nécessaire qu'on arrive à croire qu'on peut lui être utile. »
Depuis longtemps, Paris a inspiré les écrivains. Au XVe siècle, François Villon plonge dans les bas-fonds de Paris pour amorcer son œuvre majeure : Le Testament. Toutefois, au XVIIe siècle et, dans une moindre mesure au XVIIIe siècle, la description de la réalité parisienne contemporaine intéresse peu les auteurs.
Au XIXe siècle, les écrivains français s'attachent davantage à décrire la réalité de leur temps de manière plus exacte. Sous la monarchie de Juillet, Honoré de Balzac cherche à brosser un tableau détaillé et moderne de la société française, c'est la Comédie Humaine[135]. Paris occupe une place privilégiée dans cette œuvre et pas seulement dans les Scènes de la vie parisienne. Il distingue par la diversité des réseaux de relation : c'est là que sont possibles les succès les plus fulgurants, là que l'on cherche la gloire[136] mais aussi là que l'on peut tomber dans l'anonymat le plus absolu[137].
Si Balzac s'intéresse avant tout à la haute société ou aux ambitieux désargentés, on commence à la même époque à s'intéresser à la ville populaire, perçue comme menaçante et fascinante. Des études paraissent sur les « classes dangereuses » d'une ville en expansion. Les Mystères de Paris d'Eugène Sue, qui fait une très large place au Paris de la pègre, connaît un immense succès lors de leur parution en feuilleton en 1842–1843. Vingt ans plus tard, c'est l'autre plus grand romancier de Paris, Victor Hugo, qui publie Les Misérables, autre volumineux ouvrage traitant du Paris populaire devenu un classique. Paris fascine avec une double image : une ville fastueuse et prestigieuse (Stendhal sublime Le Frascati, Balzac chante le boulevard des Italiens, Nerval ou Baudelaire ne jurent que par le Divan Le Pelletier) mais aussi une ville populaire où règne le vice. Gérard de Nerval s'y suicide dans le lieu le plus sordide qu'il ait pu y trouver. Le Paris en mutation d'Haussmann est largement décrit par Émile Zola dans Les Rougon-Macquart (Le Ventre de Paris, Nana, Au Bonheur des Dames) ; il est le cadre des errances et états d'âme des poètes Parnassiens et symbolistes et surtout de Baudelaire (Le Spleen de Paris).
Dans les années 1960, les écrivains transforment Paris en une ville mythique : parfois drôle et burlesque comme Zazie dans le métro de Raymond Queneau ou encore pleine de souvenirs comme Je me souviens de Georges Perec.
La ville fascine encore les écrivains de la nouvelle génération, tels Patrick Modiano (et le quartier de Belleville) ou Jean-François Vilar (et le quartier de
Camille Pissarro, le Pont Neuf, 1902.
Paris a été une source d'inspiration pour de nombreux artistes qui ont diffusé son image dans le monde entier.
Aucune représentation de la ville n'existe jusqu'aux Guerres de religion à la fin du XVIe siècle. C'est sous les règnes d'Henri IV et de Louis XIII que la ville est représentée par Jacques Callot et par les peintres hollandais De Verwer et Zeeman, en particulier les bords de Seine qui les fascinent. Le Louvre devient un sujet de prédilection au XVIIe siècle mais il faut pourtant attendre la vogue de la peinture en plein air au XIXe siècle pour voir les artistes s'intéresser à la vie parisienne et au paysage urbain en mutation. Corot plante son chevalet sur les quais de Seine, Monet représente l'atmosphère vaporeuse de la gare Saint-Lazare, Renoir décrit la vie Montmartroise (Moulin de la galette, le Moulin rouge), Pissarro peint le Pont Neuf et Sisley l'Île Saint-Louis. Puis, au tournant du siècle, Seurat, Gauguin (parisiens de naissance), Cézanne et Van Gogh représentent largement Paris dans leur œuvre. Toulouse-Lautrec est peut-être le plus parisien dans l'âme mais il s'intéresse plus aux cabarets et aux bas-fonds parisiens, qu'il fréquente assidûment, qu'aux paysages. Au XXe siècle, les plus parisiens des peintres sont certainement Marquet et Utrillo qui représentent souvent les quartiers déshérités de la ville. Matisse, Vlaminck et Derain mènent une vie de bohème au Bateau-Lavoir à Montmartre tandis que Léger, Modigliani, Chagall, Zadkine et Soutine s'installent dans les ateliers de la Ruche à Montparnasse ; c'est l'âge d'or de l'école de Paris qui laisse place au surréalisme après
Les sculpteurs François Rude (La Marseillaise, composition la plus forte de l'Arc de Triomphe) puis Jean-Baptiste Carpeaux avec la fontaine de l'Observatoire précèdent les grands maîtres de la fin du XIXe siècle dont d'innombrables œuvres ornent la voie publique parisienne : Rodin, Dalou (jardin du Luxembourg, place de la Nation), Bourdelle (Palais de Tokyo), Maillol (jardin des Tuileries) puis Paul Landowski (sainte Geneviève au pont de la Tournelle). L'Art nouveau a trouvé un étonnant débouché en 1900 avec le métro de Paris naissant dont Guimard orna alors plusieurs dizaines de bouches d'entrée. L'art contemporain s'illustre par exemple au Palais-Royal avec les colonnes de Buren ou à Beaubourg avec la fontaine Stravinski.
Article détaillé : Liste de chansons sur Paris par ordre chronologique.
Paris constitue un thème et un cadre pour d'innombrables chansons et œuvres musicales.
La tradition musicale à Paris remonte au Moyen Âge avec la création à la fin du XIIe siècle de l'école polyphonique de Notre-Dame dont les œuvres expriment la foi médiévale. Sous François Ier naît à Paris l'imprimerie musicale française et les premières chansons populaires apparaissent. Sous le règne de Louis XIV, les grands opéras sont représentés à Paris : Lully s'y installe et devient responsable de la musique de la Cour. Ses ballets sont représentés au Louvre à partir de 1655. Au XVIIIe siècle, Rameau accentue le rôle de l'orchestre dans ses opéras-ballets, la musique s'impose dans les salons. L'histoire de France influence également la musique parisienne : de nombreuses chansons populaires sont créées durant
La musique festive de danses de Paris, au XIXe siècle est célèbre dans le monde entier. Jouée notamment au moment du Carnaval de Paris, elle influence des musiques traditionnelles et des compositeurs étrangers. Au nombre de ceux-ci, on trouve Johann Strauss père, venu à Paris, à l'invitation de Philippe Musard, alors très célèbre . Ce dernier, ainsi que des dizaines d'autres compositeurs parisiens très fameux à l'époque (Jullien, Tolbecque, etc.), sont à présent largement et très injustement oubliés. Des centaines de partitions attendent d'être rejouées. Leur renaissance serait un très grand événement festif et musical.
Après 1870, Dukas, Saint-Saëns ou Bizet font de
Dès l'invention de la photographie, de nombreux artistes ont cherché à capter l'atmosphère de la ville et sa vie quotidienne prise sur le vif. Initiée par Eugène Atget (1857–1927)[140], la photographie de scènes de rues et petits métiers aujourd'hui disparus est incarnée par Robert Doisneau (1912–1994), un des premiers grands photographes de Paris[141]. Les scènes insolites constituaient ses sujets de prédilection : les enfants jouant dans les rues, les concierges, les bistrots, les marchés, etc. Ses photographies sont pleines d'humour et de tendresse, la plus célèbre étant Le Baiser de l'Hôtel de Ville[142]. Les images de Willy Ronis évoquent le Belleville et le Ménilmontant d'autrefois, saisissante illustration d'une atmosphère populaire à jamais disparue[143]. Marcel Bovis (1904-1997) a quant à lui représenté la magie de Paris la nuit.
Article détaillé : Paris au cinéma.
L'épicerie Collignon à Montmartre, apparaissant dans le film le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.
Paris est une des villes les plus filmées au monde. Outre l'importante production française, les réalisateurs étrangers qui l'ont choisie pour cadre sont nombreux.
Parmi une longue liste de films, quelques chefs-d'œuvre du cinéma français sont devenus des classiques. Hôtel du Nord (1938) fut le cadre de la célèbre réplique d'Arletty « Atmosphère, atmosphère, est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère ? ». Le petit hôtel au bord du canal Saint-Martin, où le film ne fut d'ailleurs pas tourné[144] est devenu un lieu de pèlerinage cinéphile.
La Traversée de Paris (1956) rappelle une certaine réalité de l'Occupation en 1943 tout comme Le Dernier Métro (1980) tandis que Paris brûle-t-il ? (1966) évoque la libération de Paris en août 1944. Plus récemment, Chacun cherche son chat (1996) est une tranche de vie d'un immeuble parisien montrant l'isolement dans une grande métropole et la solidarité qui peut pourtant y exister. Enfin, le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (2001) est un conte contemporain dans un Paris mythique et intemporel. Ce film qui rencontra un succès populaire international a amené de nombreux cinéphiles à Montmartre à la recherche des lieux emblématiques du tournage.
Le cinéma international est incarné par de grands succès comme Tout le monde dit I love you (1996) de Woody Allen, Moulin Rouge ! (2001) ou Da Vinci code (2006) qui ont choisi la ville pour cadre. Plus récemment en 2007, grâce à son image et à sa position de capitale de la gastronomie, Paris a été choisie comme cadre de l'action du film d'animation américain Ratatouille[145].
L'argot « parisien » révélé par les écrivains du XIXe siècle comme Victor Hugo, Eugène Sue ou Balzac reste très vivace à Paris jusqu'aux années 1950. L'évolution sociologique et ethnique de la population parisienne explique en grande partie cette « mort » de l'argot parisien qui ne se pratique plus vraiment dans la rue mais qui fit longtemps la joie des lecteurs de romans comme San Antonio, des spectateurs de films dialogués par Michel Audiard ou des auditeurs de chansons de Pierre Perret, de Renaud (Titi parisien par excellence) ou de sketches de Coluche. Depuis, l'embourgeoisement de la capitale et l'arrivée massive de populations provinciales et étrangères contribuent progressivement à la disparition de l'argot Parisien, supplanté par le verlan[146], et de nouvelles formes d'expression développées en banlieue éventuellement ponctuées de mots empruntés aux langues étrangères, telles que le rap.
On appelle souvent Paris la « Ville lumière ». L'origine de cette périphrase vient de la création de l’éclairage public par Gabriel Nicolas de La Reynie, au XVIIe siècle.
Paris est surnommée familièrement « Paname » surnom donné au début du XXe siècle aux Parisiens qui avaient adopté le chapeau dit panama[réf. nécessaire], mis en vogue par les ouvriers qui creusaient le canal du même nom au début du XXe siècle. Cette coiffe très pratique s'exportait principalement vers les États-Unis et l'Europe, elle avait fait fureur à Paris où tous les hommes portaient un panama. Ce chapeau a donné lieu à de nombreuses chansons, notamment le Paname de Léo Ferré, mélancolique déclaration d'amour à la capitale, qui vaudra au chanteur son premier grand succès.
Plus anciennement, Paris et aussi une de ses proches banlieues, Pantin, étaient surnommées, argotiquement « Pantruche » (d'où le nom de
« Parigot » est un terme d'argot qui désigne un Parisien. Ce terme est généralement considéré comme péjoratif ou au moins moqueur.
Article détaillé : Jumelage et partenariats.
Paris est jumelée avec une seule ville, Rome, depuis 1956, avec le slogan « Seule Paris est digne de Rome ; seule Rome est digne de Paris » (en italien « Solo Parigi è degna di Roma; solo Roma è degna di Parigi »).
La ville a également conclu des accords d'amitié et de coopération avec de nombreuses villes dans le monde.
Plusieurs organisations internationales ont leur siège à Paris.
On peut citer l'Unesco, l'OCDE, le secrétariat international de
Article détaillé : Histoire de la mode en France.
En 1945, il existait pas moins de 106 maisons labellisées haute couture en France, essentiellement concentrées à Paris, et parmi elles la plus célèbre : Givenchy. Aujourd’hui, elles ne sont plus qu’une douzaine : les plus anciennes, Dior, Jean-Louis Scherrer, Emanuel Ungaro, Chanel, Yves-Saint-Laurent, de plus récentes comme André Courrèges et Pierre Cardin, ou encore les plus modestes, Dominique Sirop, Adeline André et Franck Sorbier.
La rue du Faubourg-Saint-Honoré.
Ces maisons de haute couture excellent tant dans la mode que dans la parfumerie. Ainsi, Chanel n°5 ou Arpège, apparus dans les années 1920, sont devenus incontournables, tout comme Miss Dior dans les années 1940. Parallèlement à la parfumerie, se développe la maroquinerie, Vuitton et Hermès. Vuitton, l’inventeur des premières malles confortables et raffinées, est devenu un des premiers en la matière. Certains se partagent la marché de la mode et de ses accessoires : Guy Laroche, Nina Ricci, Marcel Rochas, Pierre Balmain. De nos jours, de nouveaux créateurs apparaissent comme Jean-Paul Gaultier (qui a remis les corsets à la mode), Claude Montana, Christian Lacroix (qui mise sur l'explosion des couleurs) ou encore Chantal Thomass (spécialiste des sous-vêtements sexy). Le prêt-à-porter n'est pas en reste, avec Jean-Charles de Castelbajac ou encore Vanessa Bruno et Isabel Marant.
Aujourd'hui, Paris doit faire face à la concurrence de New York, Los Angeles, Milan et de certaines villes asiatiques. La ville occupe néanmoins une place éminente sur la scène mondiale, en particulier pour la joaillerie (concentrée place Vendôme et rue de la Paix) et la haute couture. L'habillement de luxe est particulièrement présent dans le 8e arrondissement, avenue Montaigne ou rue du Faubourg-Saint-Honoré notamment. On y trouve le siège de LVMH, premier groupe mondial dans le secteur du luxe, Hermès, Cartier, Dior et les boutiques de nombreux grands couturiers indépendants ou affiliés à de grands groupes tels que LVMH ou PPR.
Paris est aussi une des capitales du « shopping » et des magasins aux enseignes réputées et présentes partout dans le monde, les Galeries Lafayette ou le Printemps. La ville vit naître les grands magasins modernes, fondés sur l'idée révolutionnaire, à l'époque, de présenter un assortiment large et profond, des prix fixes et apparents, un accès direct et une mise en valeur de la marchandise dans un espace de vente dont l'agencement, la composition et les décors ont été réfléchis. Le premier exemple du genre est Le Bon Marché transformé en 1852. En 1883, Émile Zola, dans le roman Au Bonheur des Dames décrit la vie d'une employée d'un grand magasin.
De nombreux hôpitaux sont implantés dans Paris, dont certains sont particulièrement anciens, la tradition hospitalière remontant au Moyen Âge. L'Hôtel-Dieu de Paris, fondé en 651 par saint Landry, évêque de Paris, est le plus ancien établissement de la ville. Symbole de la charité et de l'hospitalité, il fut le seul hôpital de Paris jusqu'au XIIe siècle[f 22].
La plupart des établissements relèvent de l'AP-HP, Assistance publique - Hôpitaux de Paris, établissement public de santé créé par la loi du 10 janvier 1849 et relevant de la ville de Paris. Elle exerce le rôle de Centre hospitalier régional pour Paris et l'Île-de-France et emploie plus de 90 000 personnes dont de nombreux médecins et des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière (FPH). L'hôtel de Miramion dans le 5e arrondissement qui abritait un hôpital a été transformé en musée de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et évoque l'histoire hospitalière de la ville.
Parmi les principaux établissements, on peut citer dans Paris intra-muros l'hôpital Necker - Enfants malades, la Pitié-Salpêtrière, Saint-Antoine, Saint-Louis, Bichat-Claude Bernard ou le dernier né, l'hôpital européen Georges-Pompidou. En petite couronne (proche banlieue), les établissements hospitaliers Henri Mondor (Créteil), Bicêtre (Le Kremlin-Bicêtre), Le Raincy-Montfermeil ou encore Beaujon (Clichy) sont parmi les plus connus[147]. La grande couronne Parisienne possède plusieurs hôpitaux généralement intercommunaux ne relevant pas de l'AP-HP : on peut citer les hôpitaux Victor Dupouy d'Argenteuil[148] ou encore le centre hospitalier de Versailles[149].
On peut également citer parmi les institutions hospitalières l'hôpital des Quinze-Vingts, fondé en 1260 par Saint Louis et dont le but était de recueillir les aveugles de Paris, l'hôpital militaire du Val-de-Grâce ou encore l'hôpital américain de Paris, fondé en 1906 et situé à Neuilly-sur-Seine, qui relève d'un statut particulier d'établissement privé à but non lucratif, agréé et non conventionné par la Sécurité Sociale.
Paris est par ailleurs une des villes de France les plus denses en médecins, qu'ils soient généralistes ou spécialistes : on comptait en 2005 pas moins de 5 840 médecins généralistes (contre par exemple 3 349 au total en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d'Oise, à la population cumulée légèrement plus élevée)[150].
Article détaillé : Sport à Paris.
Le Parc des Princes.
Match de rugby au Stade de France.
L'histoire de Paris est très marquée par le sport. Du jeu de paume dès le XIIe siècle au football au XXIe siècle en passant par les courses hippiques et le cyclisme au XIXe siècle, Paris a toujours connu les joies du sport depuis au moins un millénaire. La ville compte 360 équipements sportifs : 172 courts de tennis, 131 gymnases municipaux, 36 piscines (accueillant 3,4 millions d'entrées individuelles en 2006) et 10 bassins écoles, 32 stades municipaux, 2 bases nautiques sans oublier les 6 parcs interdépartementaux qui sont répartis dans les trois départements touchant Paris et facilement accessibles[s 16].
Les principaux clubs de sport de Paris sont le Paris Saint-Germain (football), le Paris-Levallois Basket (basket-ball), le Paris Handball (handball) et le Stade français, club de rugby à XV.
Le Parc des Princes est un stade édifié en 1897 au Sud-Ouest de Paris et reconstruit en 1972. Il compte 45 500 places assises. Son club résident actuel est le Paris Saint-Germain[s 17].
Le Palais omnisports de Paris-Bercy est un vaste espace modulable clos de l'Est parisien inauguré en 1984 qui accueille de nombreuses compétitions sportives mais fait également office de salle de spectacles et reçoit diverses manifestations : concerts, patinoire, etc[s 18]. Le Stade Charléty, créé en 1939 et reconstruit en 1994, est réputé pour être le temple du sport amateur à Paris ; il comprend un stade d'athlétisme de 20 000 places et une salle omnisports de 1 500 places[s 19].
Le Stade de France de 80 000 places fut édifié à Saint-Denis en proche banlieue Nord pour
Paris a également accueilli les Jeux olympiques en 1900 et 1924 mais fut une candidate malheureuse à l'organisation des Jeux d'été de 1992, 2008 et 2012 (Paris 2012), finalement revenus respectivement à Barcelone, Pékin et Londres. Paris est également intéressée pour l'organisation des Jeux d'été de 2020. Elle fut par ailleurs la ville d'accueil des matchs de
Bien que le point de départ et l'itinéraire du célèbre Tour de France change chaque année, l'étape finale s'achève toujours à Paris et, depuis 1975, la course finit sur les Champs-Élysées. Le tennis est un autre sport populaire à Paris et dans l'ensemble de
Catholicisme : l'archidiocèse métropolitain de Paris est l'un des vingt-trois archidiocèses de France. Diocèse depuis le IIIe siècle, le siège de Paris a été érigé en archidiocèse le 20 octobre 1622. L'archevêque actuel est le Cardinal André Vingt-Trois qui a pour évêques auxiliaires Monseigneurs Jérôme Daniel Beau, Jean-Yves André Michel Nahmias et Michel Pollien. Il remplace à cette fonction Monseigneur Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris de 1981 à 2005.
En 2005, la ville comptait 106 paroisses catholiques accueillant les fidèles et 24 missions étrangères. On compte également sept églises catholiques orientales rattachées à l'ordinariat des catholiques des églises orientales résidant en France : copte, chaldéenne, grecque-melkite, maronite, roumaine, russe et syriaque. La même année, on comptait 730 prêtres, 2 500 religieuses, environ 220 communautés religieuses (140 de femmes et environ 80 d'hommes)[151].
Parmi les grands lieux de pèlerinage, les deux principaux sont la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre où les fidèles assurent depuis 1885 l'Adoration perpétuelle[152], et la chapelle Notre Dame de la Médaille Miraculeuse, où La Vierge Marie serait apparue plusieurs fois en 1830 à sainte Catherine Labouré[153].
Calvinisme : Paris compte quinze paroisses de l'Église réformée de France[154].
Luthéranisme : Paris compte dix paroisses de l'Église évangélique luthérienne de France[155].
Judaïsme : la ville possède 96 synagogues[156].
Islam :
5e arrondissement[157]. La ville compte également 75 mosquées ou salles de prières se trouvant pour la plupart dans des foyers[158].
Bouddhisme : un temple se situe dans le bois de Vincennes, sur la rive méridionale du lac Daumesnil, dans un ancien pavillon de l'exposition coloniale de 1931. Deux autres se trouvent dans le quartier asiatique de Paris, dans le 13e arrondissement.
L'histoire de France et celle de sa capitale sont depuis longtemps intimement liées, du « Paris vaut bien une messe. » (attribué à Henri IV qui y laissa sa vie) au « Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré[159] ! » (célèbre phrase du général de Gaulle prononcée le 25 août 1944, lendemain de
Les pages de l'histoire de France peuvent donc facilement s'illustrer par Paris, qui loin de n'être que le centre de la vie politique du pays, bénéficie d'une image qui, par son rayonnement culturel, ne peut se réduire à une accumulation de clichés : sa cour des miracles, ses monuments mondialement célèbres, la Tour Eiffel, son métropolitain, ses expositions universelles, les chansons (celles de
Pourtant la ville a fortement évolué au cours des siècles, les travaux d'Haussmann l'ont radicalement modifiée, les transformations des « trente glorieuses » ont encore modifié l'aspect de plusieurs quartiers au point de les défigurer, des générations de Parisiens se sont succédé, Paris change sans cesse, Paris évolue mais « Paris sera toujours Paris », par sa façon de se transformer sans cesse tout en restant la même et en conservant son âme[160].
Paris ne parvient pas toujours pas à concilier concentration de richesses et qualité de vie, contrairement à plusieurs grandes villes de France qui ont su développer leur attractivité économique et culturelle tout en conservant un environnement de qualité, ce qui explique en partie leur dynamisme démographique que ne possède plus Paris ni la région Île-de-France. La capitale reste largement en tête des villes de France pour sa puissance économique, le choix de filières et d'écoles pour l'enseignement supérieur, son offre culturelle d'exception, l'offre de soins et la qualité d'accès aux nouvelles technologies (couverture ADSL à 100 %, large concurrence des opérateurs internet et récemment le déploiement de la fibre optique résidentielle et du Wi-Fi gratuit mis en place par la municipalité). Sa qualité environnementale (pollution, part réduite des espaces verts) reste médiocre et les prix de l'immobilier ne cessent d'atteindre les sommets[161]. Ces données nationales sont toutefois à relativiser, en effet, selon l'indice Mercer, Paris est la 33e ville du monde en termes de qualité de vie avec un indice de 102,7 en ne se classant toutefois qu'en 60e position en termes d'hygiène et de santé, notamment handicapée par son niveau de pollution malgré la qualité de ses soins médicaux[162].
Article détaillé : Bibliographie sur Paris.
Marcel Le Clère, Paris de
Alfred Fierro, Histoire et dictionnaire de Paris, Éd. Robert Laffont, 1996, 1580 p.
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